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Le tatouage pèlerin : une tradition ancestrale

On vous parle souvent sur Tattoos.fr des origines parfois ancestrales du tatouage, des rituels, mais aussi des peuples ou des « corporations » qui se sont emparés de cette pratique. Aujourd’hui encore, on va s’intéresser à une tradition séculaire : le tatouage du pèlerin.

Depuis le Moyen-Âge, des croyants cherchent à garder une trace de leur voyage en Terre sainte. Ce tatouage, généralement situé sur le bout de l’avant bras, représente le plus souvent une croix (arménienne, latine ou de Jérusalem), cependant que d’autres opteront plutôt pour un Christ ressuscité ou une Vierge à l’Enfant.

Une tradition chrétienne

Si cette tradition concerne principalement les chrétiens d’Orient, elle tend à s’étendre et à toucher de plus en plus ceux d’Occident. Mordechay Lewy, spécialiste de cette pratique ancestrale et ancien ambassadeur d’Israël auprès du Saint-Siège détaille « La première preuve remonte au XIII e siècle pour les chrétiens orientaux, notamment les coptes, tandis que les chrétiens occidentaux auraient commencé plus tard, avec une première preuve en 1484 » et de préciser « Derrière cette pratique, il y a aussi l’idée d’une imitatio Christi, poursuit-il, c’est-à-dire d’une identification à Jésus par la souffrance physique. »

 

Une clientèle inhabituelle

Pendant la période de Pâques, les fidèles se pressent par centaines dans le salon de Wassim Razzouk, un tatoueur palestinien copte qui perpétue une tradition familiale vieille de plus de six cents ans. Ce père de famille de 43 ans explique quel type de personnes il est amené à tatouer, et autant dire qu’en dehors d’une foi commune, elle est très hétéroclite : « Nos clients sont rarement des habitués des tatouages […] Ici, on reçoit des personnes âgées, des prêtres, et la plupart sont des chrétiens d’Orient. Beaucoup sont originaires des pays arabes, même si de plus en plus de chrétiens d’Europe sont touchés par cette tradition orientale. Pendant que je les tatoue, certains chantent, d’autres prient.» Une tradition séculaire qui devrait permettre aux enfants de Wassim de pouvoir perpétuer la leur en tatouant encore et encore...


Tous propos recueillis sur la-croix.com 

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