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Tunisie, l’art du tatouage berbère

360°Geo et Arte se sont associés pour faire une série de reportages au cours desquels ils partent à la découverte de lieux insolites et à la rencontre de ses habitants. Parmi ses reportages, un est consacré à la Tunisie et à l’art des tatouages berbères…

Le tatouage est une pratique pré islamique nord africaine attestée depuis la haute antiquité.  Cette coutume se perd à partir de la moitié du XXème siècle lorsque la religion musulmane prend le pas sur toutes les formes de religion et de traditions plus anciennes.
Aujourd’hui motif d’opprobre dans la société musulmane, qui ne tolère pas la modification du corps, le tatouage tend peu à peu à disparaître. Ainsi, ceux qui, en Tunisie, portent des tatouages sont comme dans beaucoup de sociétés (le Japon en est un exemple) considérés comme des malfrats, anciens taulards, etc, et surtout comme des personnes ne respectant pas la religion.

Une tradition tombée en désuétude

Lors du reportage, les journalistes suivent plus particulièrement le parcours d’une femme, Manel Mahdouani, 28 ans, la seule tatoueuse de Tunis. Si cette dernière n’a pas pignon sur rue, ne bénéficiant d’aucun statut officiel, elle encre cependant directement chez ses clients. Curieuse de comprendre quels sont les symboles et l’histoire du tatouage berbère, elle décide donc de partir à la rencontre de femmes aujourd’hui âgées et vivant dans des provinces souvent reculées. Elle va ainsi cerner à quel point le tatouage berbère est un phénomène social qui fait partie intégrante des coutumes et des traditions quotidiennes.  A quel point, il encrait les croyances et les rites païens du passé dans le quotidien.

 


La marque des femmes

Au cours de son périple Manel rencontre une poignée de femmes qui lui expliquent notamment qu’à l’époque les filles se faisaient tatouer pour ne pas ressembler aux hommes et que c’était « une façon d’être belle ». Ainsi, sans ce tatouage elles étaient méprisées. Au delà de ça, le tatouage était aussi un moyen de signifier qu’elles avaient repéré un homme au sein de la communauté. Une autre femme éclaire sur une pratique différente : un proverbe répandu raconte que « quand le sang a coulé, le malheur est passé », ainsi quand une personne portait le malheur en elle, elle se faisait tatouer. Au gré des rencontres de la tatoueuse tunisienne, nous apprenons ainsi quels étaient les rites et les coutumes bien « encrés » de la communauté berbère, au moins jusqu’au milieu du XXème siècle. Un reportage que nous vous recommandons chaudement !
 

 

 

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