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Les tatouages de la honte ?

On l’a souvent dit, le tatouage est un choix qui « glorifie », « magnifie » ou « exalte » un état d’esprit, une humeur, un coup de cœur, un trait de personnalité, une passion à l’instant « T ». Cependant, l’instant « T » n’est pas, par définition, celui du lendemain ou du surlendemain. En ce sens le tatouage pose aussi la question du "propos" que l’on tient pour soi même mais aussi auprès des autres après, autrement dit : puis-je, dois-je, encore assumer et même revendiquer cet autre que j’ai été et que je ne suis peut être plus, comme les goût musicaux que j’avais à 16 ans finalement… ?


Le tatouage et le rapport à soi


Diffusée pour la première fois ce jeudi 17 sur TFX, Tattoo Cover s’intéresse de plus ou moins loin à la question, puisqu’à défaut d’en faire un sujet philosophique ou d’en tirer une question existentielle, l’émission interroge sur le rapport des individus à leurs tatouages et donc à cet autre qu'ils ont été. En effet, des tatoueurs professionnels sont dans cette émission tout en entier dédiés au recouvrement, à la transformation, des tatouages que n’assument plus les participants. Ainsi certains racontent le fait de ne plus assumer, les moqueries des camarades n'y sont souvent pas étrnagères…

« Si je ne l'aime plus, j'aurai le souvenir de l'avoir un jour aimé »

Sur France Inter, la chroniqueuse Dorothée Barba s’intéresse elle plus particulièrement à ce rapport à soi et cite la journaliste, écrivaine et touche à tout Blandine Rinkel qui a un point de vue pour le moins intéressant sur la question : « Si je ne l'aime plus (le tatouage), j'aurai le souvenir de l'avoir un jour », et d’ajouter « Sans doute le tatouage est-il moins une façon de rester campé sur des signes que de les fixer avant qu'ils ne s'évaporent. C'est le grand malentendu du tatouage, écrit encore Blandine Rinkel : on ne grave pas le corps pour nier que tout s'altère, mais précisément parce que tout meurt. Au delà de l'accès d'insouciance, on peut voir le tatouage dans un élan tragique : dessiner sa peau parce qu'elle se ridera, parce qu'elle changera, parce que nous oublierons les visages, les humours et les voix. (...) Si nous finissons un jour d'être jeunes, au moins en restera-t-il quelques traces. » A méditer donc.

Source : France Inter

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