Jeudi 11 Mars 2010

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Tatouage Magazin N°67 detatouage

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Le détatouage laser

Un acte médical

Désormais, les techniques actuelles de détatouage permettent non seulement de faire disparaître la plupart des tatouages mais également de « préparer » sur mesure un recouvrement, autrement dit un nouveau tatouage… Quelques tatoueurs y voient là un moyen de moderniser leur manière de travailler. Pourtant, l’outil n’est pas sans danger, et son usage en dehors du cadre médical représente une situation bien hasardeuse tant au niveau sanitaire que juridique. Médecins et tatoueurs concernés par la pratique ne demandent quant à eux qu’a ouvrir le dialogue sur le sujet.
Les techniques modernes de détatouage font appel à des lasers Q-Switched. Ce type de lasers provoque la fragmentation puis la destruction des particules minérales qui composent le tatouage. Le choix du laser (type de longueur d’onde) doit se faire en fonction de la couleur de l’encre à traiter, des caractéristiques du pigment et du type de peau de tatoué. Cela signifie qu’aucun laser ne peut à la fois traiter toutes les encres ni tous les types de peau. La densité et la profondeur des particules du pigment jouent un rôle important dans la qualité du détatouage ; un tatouage « amateur » se retire ainsi beaucoup plus facilement qu’un tatouage réalisé par un professionnel. La disparition complète d’un tatouage n’est d’ailleurs pas toujours possible, si les pigments sont encrés trop profondément. En outre, certaines couleurs partent encore très difficilement, notamment le vert et le bleu turquoise.
Les séances de détatouage (une seule ne suffit pas !) n’étant pas indolores, l’application d’un anesthésique local est possible mais il n’est délivré que sur ordonnance : seul un médecin peut donc le prescrire. Comme pour le tatouage, des soins locaux sont à pratiquer les jours qui suivent la séance, et des complications dermatologiques ou infections ne sont jamais à exclure. Le traitement peut prendre plusieurs mois, les séances devant être espacées d’au moins six à huit semaines. Enfin, dans le cas d’un recouvrement, un délai minimum de deux mois doit être respecté avant d’envisager de tatouer la peau ainsi traitée.
Autant en avoir bien conscience avant d’envisager le retrait d’un tatouage au laser : la méthode est longue (3 à 10 séances selon le tatouage) et douloureuse, coûte cher, ne sera pas forcément efficace à 100 %, et présente en outre des risques de complications cutanées.

Un acte réservé aux médecins

Les lasers de détatouage sont des machines très puissante qui présentent un risque de brûlure pour la peau et les yeux. C’est pour toutes ces raisons que ces lasers sont classés en catégorie IV de dangerosité en Europe : la réglementation réserve strictement leur usage aux médecins. A l’instar des esthéticiennes qui utilisent la technique des lampes flash (IPL) pour l’épilation définitive, certains tatoueurs, bien que peu nombreux en France, se sont équipés afin de proposer eux-mêmes de pratiquer le détatouage laser sur leur client. Mais attention ! Les lampes flash n’entrent pas dans la même catégorie et ne sont absolument pas adaptées au détatouage : leur utilisation se situe même actuellement dans un vide juridique, et c’est pourquoi les instituts de beauté s’y sont engouffrés. Le cas du détatouage est bien différent : quand on sait qu’un laser de détatouage réellement fiable et de bonne qualité coûte plus de 75000 euros, la prudence s’impose au regard des produits vendus via internet pour une somme « dérisoire » comprise entre 3000 et 6000 euros … Et si la réglementation est pourtant claire, les moyens de contrôle sont quasiment inexistants(cf. encadrés CSC). Dans les faits, sauf rares exceptions, les pratiques de détatouage au laser hors cadre médical ne font l’objet d’aucune vérification dés conditions de sécurité.

Se faire détatouer chez un tatoueur ?

Au-delà des considérations réglementaires, les puristes estiment que faire entrer le laser dans les studios, c’est retirer au tatouage son sens et son caractère définitif… Ce débat sur la forme ne peut nous dispenser d’insister sur cette notion : la pratique du détatouage laser par un non-médecin relève de l’exercice illégal de la médecine. C’est notamment pour ce motif que la pratique du détatouage par un tatoueur suscite une petite polémique au sin même de la profession. Les tatoueurs réticents à l’arrivée du laser dans les studios craignent aussi que la pratique du détatouage parmi eux – qui reste illégale même si elle n’est pas contrôlée – risque d’entamer la crédibilité des professionnels face à l’administration… Stéphane Chaudesaigues (cf. encadré), qui propose le détatouage dans deux de ses studios, objecte « qu’il y a bien d’autre chose qui peuvent porter atteinte à notre crédibilité : des règles d’hygiène non conformes, des actes de modifications corporelle extrêmes assimilés à des actes de violence par les tribunaux, l’utilisation de produits antidouleur tels que la Xylocaïne, l’Emla ou autres substances non autorisées par la loi hors cadre médical, des encres non conformes ou périmées… Aujourd’hui, si tout le monde peut acheter du matériel pour détatouer, c’est aussi le cas pour tatouer, piercer ou scarifier, pourtant tout le monde n’est pas suffisamment compétent ou responsable pour le faire ! Il faudrait changer la réglementation afin que les pratiques soient effectivement encadrées et qu’on ne puisse permettre, ni à un tatoueur ni à un médecin, de faire du détatouage sans une formation adaptée … Je pense tout simplement que tout le monde devrait pouvoir travailler en bonne entente, dermatologues et tatoueurs. »
Comme l’ont exprimé médecins et tatoueurs rencontrés pour cette enquête, l’idéal serait de pouvoir bénéficier du suivi des deux professionnels, à plus forte raison dans le cas d’un recouvrement. Les tatoueurs qui souhaitent proposer eux-mêmes le détatouage laser doivent en tout cas avoir conscience qu’ils s’exposent à des poursuites pour exercice illégal de la médecine… Côté médical, on peut noter que certains dermatologues laséristes sont affiliés à la Société Française de Dermatologie, ce qui constitue un gage de qualité de professionnalisme dans le domaine du laser en France : la plupart de ces médecins pratiquent le détatouage quasi quotidiennement et on en trouve au moins un par région. Quoi qu’il en soit, on ne peut que recommander aux candidats au détatouage une grande prudence quand au choix du professionnel… Au moins tout autant que pour le choix de leur tatoueur !

Le détatouage vu par Stéphane Chaudesaigues

Tatoueur depuis plus de vingt ans et boss des studios Graphicaderme, Stéphane a équipé deux de ses ateliers afin de proposer le détatouage laser à ses clients. Il a accepté de nous parler de ses motivations et de sa manière d’appréhender cet acte :
« Avant on utilisait le gros sel, le laser CO2, la dermabrasion… ça laissait d’horrible cicatrices lorsqu’il ne restait pas de traces du tatouage, et il était impossible de retatouer par-dessus. Avec les techniques actuelles, les résultats se sont nettement améliorés : si certaines couleurs restent encore difficiles à supprimer, on a enfin et réellement une seconde chance … Pour moi, c’est d’abord une démarche personnelle, celle de pouvoir retirer mes vieux tattoos pas très beaux pour pouvoir les remplacer par des tatouages esthétiques qui correspondent à mon travail actuel. Et lorsqu’un client envisage d’enlever une pièce, il s’adresse naturellement à nous pour savoir où il peut le faire… Pour finir, la technique répond à ceux qui souhaitent recouvrir un tattoo par un autre qui nécessite d’estomper le premier pour pouvoir faire du bon boulot sur le nouveau. C’est du sur-mesure pour le tatoueur ! Mon style [Ndr : portraits/réalisme] se prêtant difficilement au recouvrement, je suis content de pouvoir le faire sans avoir à assombrir le nouveau tatouage. »
Mais alors, pourquoi ne pas envoyer les clients chez un médecin lasériste ?
« La plupart d’entre eux nous ont manifesté le sentiment de ne pas être bien compris par un médecin : dons les faits, peu de dermatologues pratiquent le détatouage laser et ils sont parfois loin des préoccupations de nos clients… qui trouvent simplement logique de s’adresser à un tatoueur pour avoir des renseignements sur le détatouage. J’ai don fait une recherche personnelle sur la question, et j’ai eu la chance d’être conseillé entre autres par Jack Morton aux Etats-Unis, qui exerce le détatouage laser depuis plus de dix ans et travaille avec des tatoueurs tels que Paul Booth et Guy Aitchinson. »
Qui pratique le détatouage dans tes studios ? Dans quelles conditions ?
« Les personnes qui travaillent avec moi ont été formées au Etats-Unis par la société qui nous a vendu le matériel. Cette formation est de niveau professionnel puisque c’est la même qui est dispensée aux dermatologues outre-Atlantique. Le détatouage est pratiqué dans une pièce séparée, pour des raisons évidentes de sécurité ; des lunettes spéciales sont portées par le client et le professionnel. Je ne peux pas me permettre un accident, je prends donc toutes les précautions nécessaires pour l’éviter. »

Encadré "L’avis de la CSC"

La commission de la sécurité des consommateurs (CSC) a émis en 2001 un avis relatif aux lasers esthétiques. Ce document présente les différentes utilisations à visée esthétique des lasers, dont le détatouage, pratiquées par des professionnels non-médecins :
« Les réglementations applicables actuellement (en grande partie anciennes et inadaptées) du ministère de la Santé semblent répondre en partie à ces préoccupations de sécurité, mais ce ministère n’a malheureusement jamais disposé de moyen suffisants pour contrôler leur application. »
Le danger des effets thermiques des lasers est également rappelé :
« Le risque principal est évidemment constitué par des brûlures qui peuvent atteindre le troisième degré, immédiatement après l’exposition ou ultérieurement par nécrose des tissus.[…] Une bonne utilisation suppose donc de la part du manipulateur une bonne connaissance de l’appareil et de son principe de fonctionnement. »


Au terme d’un document détaillé, le CSC a donc émis l’avis suivant (extraits) :
« […] Considérant que l’usage des lasers par un non-médecin s’apparente à l’exercice illégal de la médecine en l’état actuel du Code de la santé publique, […]


La CSC demande de :
1. Faire appliquer, dans l’attente d’une modification de la réglementation, les textes existants, notamment l’arrêté du 30 janvier 1974, et en conséquence interdire l’usage des lasers utilisés sur le corps humain par des personnels n’ayant pas de compétence médicale ou n’exerçant pas sous la responsabilité effective d’un médecin.
2. Procéder à une mise à jour de la réglementation et de la normalisation concernant les lasers ou les lampes flash afin de reclassifier les différents dispositifs de lasers médicaux ou paramédicaux en fonction des utilisations thérapeutiques ou esthétiques.
3. Distinguer les applications qui seraient exclusivement réservées au corps médical de celles qui pourraient faire l’objet d’une délégation à des personnels non-médecins. […]
4. Exiger de la part des personnes mettant en œuvre les techniques utilisant les lasers et la les lampes flash des connaissances minimales qui pourraient être prodiguées dans le cadre d’une formation faisant l’objet d’une réglementation. […] »

Tattoo flash

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La Bête Humaine

What could be said about Stéphane Chaudesaigues that hasn’t been said already ? For almost 20 years now, he’s been involved in tattooing. During those years – a whole generation- he brought tattooing from the darkness of the convicts’ world to the bright realm of art galleries.
It’s no secret that the images he draws, paints, or tattoos are dark, sometimes even disturbing. If he didn’t get rid of them on paper or canvas or skin but kept them stored in his mind, those images would probably threaten to engulf his heart and soul.
Some of Stéphane’s clients allow him to go in that direction. Once they are exhibited on the skin, these dark images are made beautiful – as art can be in people ‘s eyes.
You’ll notice that a lot is said about the artist and not much about the man himself – he wants it this way. However, Stépahne sometimes opens up in subtle and sensitive prose in which he reveals that chilhood pain and and a chronic inadequacy to be heard and understood have made him the man and the artist he is today.
Whether one likes his images or not, the quality of his work si indisputable. It is readily seen and felt. It comes from endless research both in the technical and artistic aspects of tattooing. Stéphane is a workaholic who strives to learn. As a result, his work in stunning.
Through his art and his particular use of images, colors, or shades of gray, he contributed to the evolution of people’s ideas about tattos. Before, tattoos were associated with soldiers or sailors, bad boys or convicts, but now they have graduated to the art collection status.
Nowadays, one does not get a simple tattoo, but seeks a specific piece from an artist, like an art collector’s world, tattoo artists names are as widely recognized and famous as painters’ names are in the fine-art scene.
These last 15 years, Stéphane has let Graphicaderme, he name of his studio, shine in his place. His goal was to create a « tattoo family » in which the artists wouldn’t depend on his name to exist, but have a place at their disposal to become known in their own right.
Today, Stéphane’s work displays new tecniques that mix the beauty of paint with the sting of needles. He is creating a new image that will keep his name on the forefront.
When checking out Stépahne’s website, don’t look for him, because he choose to represent himself as the « human beast ». This is not a mirror trick or another name under whiwh he can hide, but rather an insight into the child he once was and the man he is today, still marked by deep wounds.
The « huamn beast » is a very personal site showing both chilhood ans present day images. One has a tendency to look back on the past, but as far as Stéphane in concerned, il helps him to embrace the future with more serenity. It’s a future that he builds daily by taking care of four to five clients a wwek, lucky people who will get his undivided attention for two or three months until the completion of thier big pieces.
In his shop set in Orange, he only deals with one client a day with sessions lasting 8 to 10 hours straight. Between sleeves and backs, Stépahne also creates some very realistic portraits. His work schedule is full, but he still dreams of some other place where he could touch more people. On the tattoo front, France is still a little narrow-minded compared to the States. Consequently, Stéphane is falling for the American Dream . Who knows where itwill lead him ?
Cécile Rossignol
To increase visibility of his work, Stéphane will attend the following tattoo shows in the States. Long Beach, June 23-25 ; Seattle, August 11-13 (he will be Vyvyn Lazonga’s guest for a week in Seattle) ; Richmond, November 17-19. For more information, go to www. Labetehumaine.fr

Stéphane Chaudesaigues
I had no idea I would lova tattooing so much and that it would govern my life so imperiously »

Tattoo society

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Stéphane Chaudesaigues


To be or not to be an artist


I first chose to become an artist because, at that time, it was not regarded as an artistic practice. Considering my education, I could not foresee myself as being an artist.
The painter lives and dies in an attic room, penniless and starving. He cannot savor fame because recognition comes after his death…If it ever comes.
Earning one’s bread, surviving, feeding one’s family is a tough and difficult task. Impossible to achieve if you are a painter.
When I became a tattooist, I was only interested in the technical aspects of the job. However, I did not master the job’s essential techniques. I quicklyttracted to something else; the desire to work toward a more vivid image, full of emotions and inner sensitiveness. [That’s right, my inner sensitiveness, my big treasure, a burden so heavy to bear on my shoulders that it made me suffer throughout my childhood.]
Adults were so mean to me when I was a child, that it would have been better for me to be one of them at that time. A child is often asked to shut it, and sometimes it is difficult for him/her to express themselves. When he/she is an adult, the only option given to them is to keep shutting it.
Thus becoming impossible for this human being to exist within the microcosm represented by the family circle, and even more impossible to exist within society.
There is no possible escape except maybe violence, self-mutilation, sometimes even self-destruction.
As opposed to the child, the artist can do almost anything! He can show and tell everything he truly thinks through diverted ways such as humor.
So much that artists are sometimes regarded as forerunners and even genius! Our good old artists hey! There is an artist in every family. This will be the youngest or the tallest child. Actually we never refer to his/her being deeply unable to fit into the system.
Art thus becomes the only way to speak while keeping one’s mouth shut. It helps the artist to talk about themselves.
People accept more things through art, even if they don’t get it. I love art! It turns words into deep emotions to create images, my images, and my message.
It might be of no interest, but this is my message. A part of me to linger after I am gone. A sad smile or cries of smothered joy.
I work from free association of ideas which I separate and re-organize to create an image that will exist by itself, regardless of the original idea. The results, however often illustrate my own inhibitions. Now I am taking the chance and breaking the silence!
Explanation of the human beast and the kid brought up as a dog:
To accept one’s self, is identifying one’s shortcomings of the past. To be able to recognize one’s being despite the problems encountered through one’s meaningless childhood. The beast is the adult. The dog is the kid.
Does the kid remain a human being? Does it become a humanized animal with it’s own rules and codes as protections from it’s own self and others?
I am not a dog anymore. I used to be a kid. A kid, then a monster. The kid brought up as a dog has become a human beast. Or is it the child of a beast?

Tatouage Magazine N°65

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Tatouage Magazine N°65

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Skin Deep

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Skin Deep

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Stephane chaudesaigues

Who were your first clients?

I used to live in the French ghetto, and by word of mouth, the message that I was tattooing spread quickly I had a friend in those days, ”Max”, he was a barfly. He used to bring clients for me and I would pay him a commission.

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